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Rassemblement des Africains pour l'indépendance de l'Afrique

Amadou Hampâté Bâ, Cheikh Amidou Kane, Thomas Sankara, Nelson Mandela, Youssouf Tata Cissé... les modèles ne manquent pas pour nous libérer des chaines qui nous lient depuis la " non " fin de la colonisation, à nos dictateurs, ceux qui ont pris le relais de leurs maîtres, notamment la France en ce qui concerne l'Afrique francophone. Il est plus que temps de rendre caduc les Constitutions héritées de la colonisation et perpétuées depuis ; de redéfinir le cadre politique de nos pays ainsi que leurs territoires, qui furent là aussi morcelés par des frontières imaginaires des Européens et enfin instaurer une monnaie africaine pour mettre fin au scandale du franc CFA.

Congo - Sassoufi... pas encore

« Denis Sassou Nguesso peut consulter son peuple, ça fait partie de son droit et le peuple doit répondre. » François Hollande (au sujet du référendum du 20 octobre 2015).

Le dictateur congolais vient de se proclamer réélu pour une nouvelle fois. L’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Cette « clownerie » présidentielle s’était déroulée à huit clos le dimanche 20 mars dernier ; les communications avec l’extérieur étaient toutes coupées : Internet, téléphone… l’armée et les chars dans les rues ! Le président Hollande est bien le seul à trouver cette situation normale ?

Le ministre de l’Intérieur congolais, Raymond-Zéphyrin Mboulou doit être fâché, tout comme son maître et complice, avec les chiffres des résultats. On peut regretter une fois de plus que l’opposition n'a pas voulu n'être représentée que par le seul général Mokoko pour faire barrage au dictateur. Dans la réalité le général Sassou Nguesso a été réélu avec 60,39 % des voix avec un taux de participation en sa faveur de 1,5 % (son clan et ses complices), ce qui n’est déjà plus pareil.

Jeune Afrique, dont le dernier numéro daté du 20 au 26 mars 2016 fait l’impasse sur l’élection au Congo. Ils attendaient certainement l’intervention du sous-ministre Mboulou pour rendre hommage au vénérable dictateur ?

La presse française, elle, n’a pas eu d’états d’âme pour dénoncer et stigmatiser le dictateur congolais. Marianne paru le vendredi 18 mars dernier, publie en pages 48-49 un article d’Alain Leauthier titré Sassou Nguesso : le dernier pilier de la françafrique. Tout est dit dans le titre et le chapo : « Le vieux dictateur qui cumule plus de trente années au pouvoir et une myriade d’affaires judiciaires en France, brigue, le 20 mars, un nouveau mandat. Avec la bienveillance de Paris. »

L’auteur de l’article rappelle les connivences des autorités françaises, François Hollande, Manuel Valls sans oublier Laurent Fabius en juillet dernier… et l’efficacité des juges parisiens au sujet des biens mal acquis (BMA). En parlant du président congolais « détourné, à son profit et au profit de sa famille et de son clan, une partie substantielle de la rente pétrolière » du pays dont la plupart des 3,6 millions de Congolais n’ont jamais perçu le moindre bénéfice.

Dans le même registre, Le Canard Enchaîné daté du mercredi 23 mars 2016, page 8, Sassoufit pas comme ça ? l’article souligne les invités occasionnels ou assidu de ce régime pétrolier : Jean-François Copé, Dominique de Villepin, Rachida Dati, Anne Hidalgo, Christine Taubira… et ironise sur sa candidature. « Dans ce pays de l’or noir, près de la moitié des Congolais vivent encore sous le seuil de pauvreté. Trente-deux ans, c’est peu. Il faut donc lui laisser encore un peu de temps. »

Nous ne pouvons pas nous étonner des « complicités » passive ou active d’une partie du personnel politique français envers le dictateur congolais sans citer le livre de Pierre Péan La République des mallettes dans lequel il soulignait les rapports ambigus avec le président Sarkozy.

La complicité que fut celle du président François Mitterrand lors d’une réunion tenue secrète (que l’on peut dater de 1991 avant la conférence nationale) entre lui, Pascal Lissouba et Denis Sassou Nguesso, dans une villa de la région parisienne, afin que ce dernier puisse quitter le pouvoir la tête haute et que la transition se fasse en douceur. La complicité dans le même état d'esprit fut celle de Mgr Ernest Kombo, président du présidium de la Conférence nationale puis président du Conseil supérieur de la République (CSR) qui a empêché que le dit Sassou Nguesso ne soit poursuivi tant pour ses crimes de sang que pour ses malversations économiques, dans une parodie de justice de Dieu. L’on a malheureusement pu que constater le résultat de ce marchandage et du mélange des genres entre la politique et la religion.

L’adversaire du dictateur congolais le général Mokoko vient de lancer un appel à la désobéissance civile et militaire aux Congolais afin qu’ils participent à la prise en main de leur destin commun. L’interrogation est de savoir dans ce bras de fer entre le candidat de toute l’opposition et le dictateur congolais quel est le poids du général Mokoko dans l’armée du Congo. Peut-il rallié à lui une partie de l’état-major et des unités de soldats afin de lui permettre le renversement et l’arrestation du général Sassou Nguesso ? Ce serait le meilleur ou le moins pire des scénarios.

Communiqué de presse de Mark C. Toner, porte-parole adjoint du Department d’État : « Les États- Unis demeure préoccupé par la transparence et la Crédibilité du Processus électoral, y compris les Rapports d’irrégularités, et la panne de communication prolongée. » (24 mars 2016).

Le dictateur congolais à la différence d’un Mobutu ou d’un Campaoré n’envisage pas de fuir le Congo, car il lui faudrait d’abord trouver un pays d’accueil. Le président Dos Santos lui a déjà fait savoir qu’il ne fallait pas compter sur lui. La France cela paraît peu envisageable. Quoique… Et beaucoup de populations d’Afrique sont échaudées par leur propre dictateur sans avoir à en héberger un autre.

Sassou Nguesso ne connaît que la force. Son pouvoir s’est bâti sur la violence contre ses compagnons d’armes, ses opposants, son peuple. Des charniers doivent être disséminés sur le territoire du Congo. Il ne se rendra pas et plutôt que d’être arrêté il se battra jusqu’à la mort, car il sait que le jour de rendre des comptes est venu pour lui et son clan familial ou d’affairistes.

Souhaitons que l’ère du maléfique Sassou Nguesso prenne rapidement fin avec un minimum de dégât collatéral. Et que le Congo puisse se reconstruire peu à peu.

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