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Le blog d'Alain Paul Nicolas

Rebelles d'Afrique et d'ailleurs cherche à mettre en place de nouvelles Institution et Constitution dans les pays d'Afrique en tenant compte de leur histoire et de leur culture, et en tentant de concilier tradition et modernité. La réflexion porte également sur l'abandon du franc CFA, et d'un redécoupage de territoires, car les uns et les autres sont ceux hérités de la colonisation. Entre 1500 et 1900, les Africains sont passés de 17 % à 7 % de la population mondiale. Il faut compter en moyenne quatre victimes collatérales pour un esclave vendu. Soit près de 100 millions de personnes ? (L'Afrique des idées, " Quel est le bilan humain de la traite négrière " par E. Lerouiel).

G5S (G5 Sahel) - La double peine pour les populations

Ce G5S fut créé en février 2014, du 15 au 17, lors d'un sommet à Nouakchott en Mauritanie, par cinq États du Sahel - Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad. C'est un cadre institutionnel de coordination et de suivi de la coopération régionale en matière de politiques de développement et de sécurité.

E, janvier 2013, l'opération Serval est lancée à l'initiative du président français François Hollande. Son but « soutenir les troupes maliennes en cherchant à repousser une offensive des djihadistes (" barbus ") et d'arrêter l'avancée en direction de Bamako. » L'opération Serval s'est achevée en juillet 2014 et est remplacée par l'opération Barkhane.

Depuis le renversement de Kadhafi et sa mort le 20 octobre 2011, la Libye et le Mali sont les maillons faibles de cette région, l'un et l'autre sont des bases arrières pour les différents groupes de " barbus " qui commettent leurs attaques dans les cinq pays du G5S : CMA (Coordination des mouvements de l'Azawad), MNLA (Mouvement national arabe de l'Azawad), MAA1 (Mouvement arabe de l'Azawad1), HCUA (Haut conseil pour l'unicité de l'Azawad), CPA (Coalition du peuple pour l'Azawad), CMFPR2 (Coordination des mouvements et fronts patriotiques de résistance2), Ansar Dine, Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb), MUJAO (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'ouest). D'autres groupes sont mobiles : Almourabitoune (groupe de Mokhtar Bemokhtar), et Boko Haram au Nigéria et au Niger principalement.

En son temps, l'ex ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait déclaré « Rappelons-nous ce que nous avons collectivement entrepris et réussi au Mali : une opération militaire de grande ampleur pour libérer ce pays de la menace djihadiste, et un processus politique démocratique. La dégradation de la situation sécuritaire en Libye pourrait entamer ces acquis. (...) Le sud libyen est une sorte de « hub » où les groupes terroristes viennent s'approvisionner, y compris en armes, et se réorganiser... Or la Libye est à la fois à la porte de l'Europe et du Sahara. »

N'en déplaise au ministre, il en résulte deux échecs importants.

Le premier, l'instabilité politique persistante, dont l'élection présidentielle incitée par F. Hollande n'a fait qu'empirer les choses, dans un pays chaotique.

Le deuxième, l'intervention Barkhane n'a rien réglé et est de plus en plus critiquée.

Du point de vue des habitants du nord Mali, la présence des forces internationales a multiplié les tensions. D'abord, les méthodes d'arrestations de l'opération Barkhane font problème : les suspects sont directement transférés à Gao ou à Bamako sans communications avec leur famille. » (Denia Chebli, doctorante à Paris-I Panthéon-Sorbonne et membre du programme européen Social Dynamics of Civil Wars).

En 2017, Corinne Dufka, directrice adjointe pour le programme Afrique de Human Rights Watch, estime que « Paris, comme les puissances régionales prêtent beaucoup d'attention à l'aspect militaire de la lutte contre les djihadistes, pas assez au terreau qui l'alimente. »

« Je ne pense pas que l'intervention française soit terminée avec la libération des principales villes du nord du Mali. Le problème n'est pas réglé car l'objectif de cette guerre, pour nous, n'est pas seulement de libérer cette zone, mais de débarrasser l'ensemble du Sahel des criminels. (...) Le G5S n'a pas uniquement une dimension militaire... la finalité est une intégration économique dans cette région sinistrée où l'on trouve des indices de développement parmi les plus faibles au monde... le commerce inter africain ne représente que 13 % des échanges continentaux, car les infrastructures manquent (...) Ce manque d'intégration freine l'économie et renforce la pauvreté, de même que le chômage. Certains jeunes africains n'ont plus d'autre choix de de fuir. » (Mahamadou Issoufou, président du Niger).

La politique africaine du " chef " Macron, qui veut combattre les " barbus ", avec un minimum d'argent à dépenser et qui peine dangereusement à entraîner ses partenaires européens (comme François Hollande auparavant) manque d'envergure. Voir l'excellent article de Claude Angeli dans le Canard enchaîné du 7 mars 2018, page 3, « Les Européens traînent les pieds au Sahel).

Le président français oublie que la majorité des " barbus " responsables des attentats sur le sol français sont des Français ou des doubles nationaux et non pas des Sahéliens.

Au Niger, la politique du président Issoufou ne s'inscrit que dans une perspective sécuritaire. 

« Achat d'un avion espion doté d'un pilote avec le même rôle q'un drone... depuis la guerre en Libye à partir de la fin de 2011, le président de la République a décidé que nous nous dotions, nous aussi, de nos propres capacités de renseignements aériens en temps réel... » (Hassoumi Massaoudou, ministre nigérien de l'Intérieur).

Le Niger est le 187e et dernier pays au monde en terme de développement humain, selon l'ONU. Il est également le quatrième producteur mondial d'uranium et le deuxième fournisseur d'AREVA.

L'extraction de l'uranium au Niger cause des dégâts irrémédiables tant pour l'environnement que pour les populations aux alentours. Et fait également l'objet de revendications économiques des Touaregs dont certains territoires se situent sur les lieux d'extraction.

Enfin, il est regrettable que le président Issoufou se contente simplement d'un constat sur la fuite des jeunes d'Afrique en direction de l'Europe ; souvent en y laissant leurs vies dans le cimetière qu'est devenue la Méditerranée ; en y subissant la contrainte, tant des passeurs sévissant dans leurs pays, que des exactions commises contre eux en Libye, en Algérie... sans remettre en cause sa politique pour son pays. En février dernier, des milliers de personnes avaient manifesté à Niamey et dans les grandes villes du Niger pour demander « l'abrogation de la loi de finances 2018, qu'elles jugent antisociales, et le départ des forces étrangères basées dans le pays. » De nombreux manifestants, politiques et de la société civile, ont été arrêtés.

Si seulement, il mettait autant d'empressement pour arrêter les " barbus " !

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