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Le blog d'Alain Paul Nicolas

Pour le Rassemblement des Africains pour l'indépendance de l'Afrique, afin de mettre fin aux territoires issus de la colonisation ; à instaurer une monnaie pour remplacer le franc CFA ; de changer les Institutions et les Constitutions, afin de prendre en compte l'histoire, la culture et les réalités de ces pays en les conciliant notamment avec la modernité.

Congo Brazzaville : Quelle démocratie ?

Cela fait des décennies que nous dénonçons les remèdes du (FMI) en Afrique noire, où les populations sont les victimes des détournements des deniers de l’État à des fins personnels des dirigeants politiques. Des détournements qui se traduisent par des achats d’appartements et de villas en Occident (Voir l’entreprise des biens Mal-acquis) sans oublier l’achat massif d’armes de guerres. Des armes qui sont complaisamment vendues par les mêmes amis occidentaux qui nous conseillent d’organiser des élections libres et indépendantes, financées et contrôlées par eux-mêmes pour nous permettre d’obtenir le label « démocratie » !

En Égypte et en Tunisie les dictateurs ont été renversés par une résistance interne ; en Grèce, en Espagne… les résistants manifestent pour dénoncer les remèdes du FMI et des dirigeants européens, qui prêts après prêts les tirent vers le bas en remettant en cause leurs droits acquis. Dans d’autres pays c’est la guerre civile qui prévaut : Yémen, Libye…. La tournure prise dans la guerre de la Libye organisée par une coalition européenne sous l’égide de la très détestable Otan pour chasser le clan du Guide libyen et installer le très démocratique Conseil National de la Transition (CNT) se révèle beaucoup plus complexe. La guerre, cette guerre de libération (des puits de pétrole) est à mettre au compte de l’irresponsabilité des généraux Sarkozy et Béchamel (BHL).

Nous savons depuis peu, que l’armée française largue des caisses de munitions et d’armes aux valeureux combattants anti Kadhafi. Pourvu que ces alliés là ne se retournent pas contre nous comme dans le cas des États-Unis avec l’Afghanistan : des alliés d’hier qui sont devenus des ennemis d’aujourd’hui !

Quant à l’Afrique noire : rien !

Il fa ut dire qu’après les calamiteuses élections de la Côte d’Ivoire et de la Guinée, le modèle occidental n’est pas la panacée. Sans oublier le Niger où dans ces trois pays l’on a pu constater une fois de plus la perversité de l’armée. Au Congo Brazzaville tout va bien, le président parade mais cela fait longtemps que le peuple ne s’amuse plus.

Que faire pour que les choses changent ?

Il serait erroné de croire que les Congolais soient incapables d’organiser des alternatives politiques. Reste le problème de la désignation. Il paraît peu sérieux, pour les Congolais, de s’engager dans une nouvelle constitution avant de se questionner sur le schéma politique adéquat pour le Congo Brazzaville. Vouloir chasser Sassou-Nguesso peut-être un objectif mais ce n’est pas un programme et encore moins une politique.

Avant et après la conférence nationale à Brazzaville, de nombreux expatriés congolais, à l’étranger et notamment en France, s’étaient engagés dans des débats sur la place de la politique dans la société africaine. Des débats qui peuvent paraître stériles tant nous nous convainquons que pour qu’il y ait société, il faut qu’il y ait politique. La Belgique nous montre qu’une société peut se gérer sans réel État politisé. Les Congolais, au sortir de la Conférence nationale se sont attelés à créer des associations culturels, des partis politiques, des pôles de réflexion. Malheureusement, en 1992, dans la perspective de l’élection présidentielle, certains d’entre eux ont préféré se ranger auprès d’hommes politiques (Kaya, Milongo, Lissouba, Kolelas…) ayant pignon sur rue avec des partis à la clé au détriment de leur propre parti ou centre de réflexion. C’est avec beaucoup de regret qu’au fil des ans, nous les avons vus disparaître de la scène parisienne… 

D’autres, après s’être retrouvés à des postes de responsabilité, sans aucune préparation ni compétence particulière, ont dans le combat entre le président Lissouba et le général Sassou-Nguesso failli y laisser leur vie. Le jeu en valait-il la chandelle ?

Depuis la dernière élection présidentielle, certains d’entre nous se sont engagés dans une voie différente. Être présent sur le terrain en phase avec des propositions tout en sachant qu’une candidature nous était interdite ; c’était se positionner par rapport à une attente des citoyens congolais au Congo et non pas pour satisfaire notre ego. Durant cette campagne nous avons une fois de plus pu constater qu’une opposition désunie ne sert à rien d’autre que conforter le dictateur en place dans sa petitesse.

La situation politique ne change pas – Sassou est toujours là - les femmes et les hommes engagés naguère ont vieilli, mais… l’envie demeure de participer à un changement structurel au Congo Brazzaville.

Le pouvoir ne se prend non pas par notre participation à l’élection présidentielle mais en participant aux différents scrutins organisés par le pouvoir sur place ; les candidats potentiels seraient bien entendu des autochtones (en phase avec la réalité quotidienne vécue) et non pas des membres de la diaspora pensant arriver en sauveur de la nation. Comme a pu en faire l’expérience à la mort du président Eyadema, l’ancien secrétaire à l’Intégration du président Mitterrand, le franco-togolais ( ?) Kofi Yamgnane.

Encore faudrait-il avoir une idée du vivre ensemble et de ce que nous pourrions proposer de différent aux citoyens de ce pays.

Sur le plan des institutions, il serait primordial de réformer le code électoral afin de savoir qui peut voter et comment ; ensuite la priorité serait d’organiser un recensement des électeurs avant de se lancer dans une quelconque élection ; puis dans un second temps préparer des élections législatives dont sortirait le futur Premier ministre.

Dans le même état d’esprit, il est primordial d’affirmer ou de réaffirmer que l’élection telle qu’elle est pratiquée en France et appliquée en Afrique par les dirigeants africains malgré la fin de la colonisation est caduque en ce qui concerne la désignation du chef de l’État. Dans cette perspective deux équations sont à résoudre :

- la première, consiste à concilier dans un même environnement la tradition et la modernité. Nombreux parmi nous y ont réfléchi sans apporter de réponse satisfaisante dans leur faisabilité. Nos sociétés d’Afrique sont de tradition orale, peu d’entre nous sont écrivains ; certains sont des narrateurs voire des conteurs chargés de transmettre notre histoire et nos valeurs de générations en générations.

- la seconde, concerne la désignation du chef de l’État…

Le Sénégalais Cheikh Hamidou Kane rappelait dans Jeune Afrique du 30 décembre dernier, « … Certaines de nos valeurs du passé sont néanmoins dépassées et il faut leur substituer de nouvelles versions. … Soundiata Keïta a créé un empire doté d’une loi fondamentale où il reprenait nombre de règles héritées de l’empire du Ghana sur la coexistence entre ethnies. […] Il existait une forme de citoyenneté dans l’empire. Il existait même une forme d’habeas corpus. Je pense à la Charte de Kouroukan Fougan. Voilà un document important pour le patrimoine de l’humanité. Ce texte de 1236, quasiment inconnu dans le monde et pis, des Africains, propose une manière de gérer les relations au sein de la famille, des clans, des générations, des différentes classes de la société, mais il offre aussi la liberté de circulation, le droit à la protection de l’intégrité physique et morale de l’individu. Pourquoi devrions-nous aller chercher des règles ailleurs, sans recourir à ces fondements ? »

Il ne s’agit pas d’être nostalgique et de vouloir revenir au statut du royaume du Ghana ou de celui du royaume du Kongo en ce qui concerne le Congo Brazzaville mais de s’en inspirer, tout en se rappelant qu’il existe toujours des royaumes dans ce pays.

Enfin, il faudra établir un large consensus avec nos amis ou adversaires politiques autour de ce projet afin d’espérer battre lors d’une élection le général Sassou-Nguesso...

Le chemin semble long, attendre nous est préjudiciable.

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