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Le blog d'Alain Paul Nicolas

Pour le Rassemblement des Africains pour l'indépendance de l'Afrique, afin de mettre fin aux territoires issus de la colonisation ; à instaurer une monnaie pour remplacer le franc CFA ; de changer les Institutions et les Constitutions, afin de prendre en compte l'histoire, la culture et les réalités de ces pays en les conciliant notamment avec la modernité.

Côte d'Ivoire - On n'y voit rien !

Depuis le second tour de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire la situation est kafkaïenne. On jurerait un vaudeville, malheureusement ce n’est qu’une histoire africaine. Une de plus, après le Niger… la Côte d’Ivoire s’enfonce un peu plus dans l’irréalité.

 Pour tout observateur un peu averti, les résultats du premier tour auguraient le second et Laurent Gbagbo ne pouvait plus légitimement être élu ; entre les deux tours ses discours de haine contre Ouattara n’auront rien changé à la situation. Un accord unissait Bédié et Ouattara pour cette élection : au premier tour chacun se présente et au second celui arrivé en tête reçoit le soutien de son partenaire politique.

Il faut se souvenir qu’en 2000, Bédié (le président renversé par un coup d’État militaire) et Ouattara (ancien Premier ministre) avaient été empêchés de se présenter à l’élection. Le général Gueï et Laurent Gbagbo étaient les seuls en lice pour une élection tronquée, à l’issue de laquelle ce dernier avait appelé ses partisans à descendre dans la rue pour la reconnaissance de sa victoire ! Voilà comment on devient président. Le taux de participation était de moins de 35 %.

Mais Gbagbo a des amis. En 2000, la condamnation fut unanime en Afrique, aux États-Unis et en Europe. Mais heureusement, le Premier ministre de l’époque, Lionel Jospin, l’a félicité pour sa victoire – les uns et les autres sont membres de l’International socialiste. Mais certaines voix au PS, tels Hollande et Fabius, ont su condamner les exactions de l’ami Gbagbo. En 2010, de nombreux socialistes français ont retrouvé le chemin de la Côte d’Ivoire pour soutenir le camarade Laurent.

Mais ils ne sont pas les seuls. Dans un grand entretien dans Le Journal du Dimanche, daté du 30 octobre 2010, la veille du premier tour des présidentielles ( ?), dont le propriétaire Arnaud Lagardère est le frère du président Sarkozy, Monsieur Gbagbo laissait clairement entendre qu’il ne partirait pas s’il perdait les élections. Sa devise doit être J’y suis, j’y reste ! Cette formidable publicité la veille du vote pouvait laisser penser que les dirigeants français lui étaient plutôt favorables. Parlant aussi de ses rapports avec Jacques Chirac, il soulignait le plaisir qu’il avait eu à compter le nombre de jours qu’il restait au président français avant la fin de son mandat. Le Parisien lui accorda également une pleine page.

Laurent Gbagbo s’est-il cru soutenu par l’Élysée en cas de passage en force ?

Le voyage de Claude Guéant (secrétaire général de l’Élysée), du conseiller Guaino (beaucoup plus discret) et les activités de l’ami Bolloré en Côte d’Ivoire pouvaient-ils laisser supposer un accord tacite entre les deux présidents ?

Pas élu, il ne comptait pas remettre en jeu son siège.

La conférence de Linas-Marcoussis réunit, du 15 au 24 janvier 2003 près de Paris, tous les acteurs du conflit et l’accord de Marcoussis, prévoyait, entre autre, le maintien au pouvoir de Laurent Gbagbo que jusqu’à l’élection présidentielle de 2005, c’est-à-dire la date de la fin de son mandat, qui est de cinq ans en Côte d’Ivoire. Accord signé à Paris par Gbagbo et dénoncé par le même de retour en Côte d’Ivoire.

Entre ces deux dates de nombreux accords – Accra III, Pretoria I, Pretoria II, permirent à Laurent Gbagbo de gagner du temps et de reculer l’heure des élections. Les accords de Ouagadougou lui ont été profitables.

Ces accords du 4 mars 2007, furent signés par Laurent Gbagbo, Guillaume K. Soro et Blaise Campaoré. La sagesse aurait voulu que Messieurs Bédié, Ouattara, Gbagbo ne puissent se présenter à l’élection présidentielle, comme ce fut précisé pour le cas du Premier ministre, Guillaume Soro, inscrit dans les accords complémentaires du 27 mars 2007.

L’ONU quant à elle n’a pas lésiné sur les moyens. Plus de 9000 casques bleus sont déployés en Côte d’Ivoire dans le cadre de l’Onuci, la mission de la paix lancée en 2004. Puis de très nombreux observateurs indépendants furent mandatés par l’organisation pour veiller au bon déroulement de ces élections : Fondation Carter, l’Union européenne et société civile ivoirienne.

En 2006, l’Union européenne accorde une subvention de 22 milliards de F CFA, notamment pour le financement du processus d’identification des populations.

La même année l’Union africaine décide de reconduire pour une période n’excédant pas douze mois, le président Gbagbo. Sa duplicité a été payante.

La question, qui se pose au nouveau président, est comment épargner de nouveau à ses compatriotes le risque d’être les victimes d’une guerre fratricide. Et l’on ne peut que déplorer le soutien des principaux chefs de l’armée à ce coup d’État. Mais combien de temps ce soutien peut-il durer ? Reste le danger des Jeunes patriotes, la milice du clan Gbagbo.

Pratiquement tous les dirigeants du monde entier s’opposent à Gbagbo, mais qu’elle est en réalité leur marge de manœuvre ? Peuvent-ils seulement garantir la sécurité d’Alassane Dramane Ouattara ?

Le boulanger peut-il s’exiler dans un pays ami ? Sa soif de pouvoir peut-elle le conduire à l’irréparable, même au prix de sa propre vie ?

Beaucoup de questions se posent mais peu de réponses sont apportées à cette situation inhabituelle. Il faut rappeler qu’entre 1997 et 2010 : Soro, Gbagbo, Ouattara, Gueï, Bédié, sont tous responsable dans les dramatiques événements de la Côte d’Ivoire.

Puisse ce pays retrouver un jour son éclat culturel d’antan !

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