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Le blog d'Alain Paul Nicolas

Pour le Rassemblement des Africains pour l'indépendance de l'Afrique, afin de mettre fin aux territoires issus de la colonisation ; à instaurer une monnaie pour remplacer le franc CFA ; de changer les Institutions et les Constitutions, afin de prendre en compte l'histoire, la culture et les réalités de ces pays en les conciliant notamment avec la modernité.

France - Des dirigeants maffieux

Le dernier livre de Pierre Péan, La République des mallettes, confirme, enfin, ce que nous dénonçons depuis des décennies sans jamais en apporter la preuve, malgré que certains d’entre nous en furent les témoins. C’est-à-dire le détournement de l’argent des caisses des États d’Afrique par les tyrans au pouvoir au profit de leurs anciens colonisateurs français, qu’ils fussent de gauche ou de droite.

Ce livre nous confirme également que le fil rouge entre politiques et truands est rompu depuis fort longtemps. Telle la mystérieuse naturalisation française d’Ahmed Djouhri le 2 avril 1987 (durant la première cohabitation) et l’incroyable certificat de bonnes vies et mœurs établi par Bernard Squarcini, alors que Monsieur Alexandre Djouhri est considéré comme une figure montante du Milieu parisien !

Pierre Péan nous apporte la preuve grâce à son enquête et à de nombreux témoignages que la France à l’image de nombreux pays africains est devenue à son tour une République bananière.

À sa tête, un clan maffieux s’est imposé sous la protection du successeur de Jacques Chirac à l’Élysée ! Composé d’un mélange hétéroclite de femmes et d’hommes de la politique, de la finance, de la haute administration, de la justice, de la police, de gangsters, de barbouzes, d’intermédiaires… sans oublier bien sûr de généreux chefs d’État.

En dehors des détournements financiers de ces chefs, Pierre Péan met en lumière les faramineuses rétro commissions lors de marchés passés notamment dans l’armement militaire. Dans un seul but : se constituer un trésor et enrichir ses obligés. Les amis de la soirée au Fouquet’s sont gourmands même si la plupart d’entre eux représente les 1 % les plus riches de France. Ils sont insatiables !

Figurent également les éminences grises qu’il traînent dans son sillage depuis des lustres : Guéant, Hortefeux, Squarcini, encore lui (celui qui a été récemment mis en examen), sans oublier les seconds couteaux maître d’œuvre d’opérations inavouables l’aidant dans sa tâche de conservation du pouvoir et son copain d’enfance Balkany !

Nicolas Sarkozy n’a rien inventé, il n’a fait que suivre le comportement de ses nombreux prédécesseurs, tout en proclamant haut et fort le contraire.

En mars 2007, à l’hôtel Méridien Montparnasse, le ministre de l’Intérieur et candidat aux élections présidentielles 2007, Nicolas Sarkozy, avait présenté son programme en matière de politique internationale. Candidat du changement et de la rupture en ce qui concerne les relations entre la France et l’Afrique. « … Il nous faut les débarrasser des réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autres mandats que celui qu’ils s’inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés, notamment avec nos partenaires africains et arabes. » Appelant à plus de transparence.

Promesse numéro 16 du candidat Sarkozy : Relations extérieures.

« Je favoriserai le développement des pays pauvres, en cessant d’aider les gouvernements corrompus, en mettant en place une Union méditerranéenne avec les pays du Sud, en donnant la priorité à l’Afrique. »

Vincent Bolloré n’est pas un philanthrope, la virée du président Sarkozy sur son yacht a eu un prix. Le président français est devenu le VIP de son ami auprès des très démocrates présidents d’Afrique. Ce qui lui a permis de rafler pratiquement partout en Afrique francophone la gestion des ports - dans des conditions parfois douteuses, comme en Guinée par exemple.

Durant l’interminable mandat de Laurent Gbagbo, en Côte d’Ivoire, le groupe Bolloré domine le secteur des transports et étend sa présence aussi bien à la réparation navale qu’aux secteurs du caoutchouc, du tabac et du cacao. En France, Bolloré contrôle aussi Euro RSCG Wordlwide, dont le coprésident exécutif, n’est autre que Stéphane Fouks ; celui-là même qui a dirigé la communication de Laurent Gbagbo durant la campagne présidentielle et dont les sondages lui prédisait une victoire éclatante dès le premier tour. Le même s’est également chargé de la communication du candidat Alpha Condé en Guinée. La réussite fut totale mais…

Martin Bouygues n’est pas en reste. Sous l’ère Gbagbo il obtint le marché de la distribution de l’électricité et de l’eau. Sans oublier les autres grands groupes français : Orange et ses cinq (5) millions de clients ivoiriens, la Société générale, Total, etc..

En Libye les liens entre le Guide et les dirigeants français étaient suffisamment fort pour qu’encore en février 2011, une société française, livre du matériel sophistiqué pour écouter et surveiller la population libyenne comme l’a révélé en son temps Le Canard Enchaîné. Vincent Bolloré signa des contrats en ce qui concerne l’exploitation de ports avec notre regretté ami. Contrats qui seront honorés d’après le CNT.

Dans un entretien à Médiapart, Jacques Dupuydauby, président du groupe portuaire Progosa, accuse le président Sarkozy de chantage d’État au profit de Vincent Bolloré. Trois dirigeants africains – Togo, Congo et Cameroun – lui auraient affirmé avoir reçu un message très clair de l’Élysée : « Si vous ne faites pas ce qu’on vous demande en donnant telle et telle chose à Bolloré, vous ne pourrez plus compter sur l’appui de la France. » (LeTélégramme.com du 25/10/2011).

Cela rappelle étrangement ce qui s’est passé lors du dernier sommet du G 20 à Cannes envers le Premier ministre grec s’il ne retirait pas son référendum.

Le livre de Pierre Péan révèle bien d’autres copinages dangereux pour les intérêts de la France et de 99 % de la population mais tellement juteux pour les 1 % restant. L’on y retrouve aussi bien des responsables politiques de gauche et de droite, ayant en commun d’être des Frères, de loges différentes mais frères tout de même ; un avocat porteur de valises… Un ancien Premier ministre, Dominique de Villepin, aux relations ambiguës avec Alexandre Djouhri !

Des affaires d’État gigognes… qui n’ont en apparence aucun lien entre elles : affaire Karachi, MNEF, Clearstream, affaire Bettencourt, affaire Elf, affaire des infirmières bulgares… mais dont on retrouve à peu près les même acteurs : Claude Guéant, Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, Édouard Balladur, l’ex-juge Marsaud, Alexandre Djouhri, André Tarallo, Kadhafi, Cécilia Sarkozy, Ziad Takieddine, Thierry Gaubert, Jean-François Copé, Brice Hortefeux, Henri Proglio, Jean-Marie Messier, Michel Roussin, Jacques Chirac…

Sans oublier les étranges liens noués avec les despotiques princes du Qatar !

Pour conclure, je citerai Pierre Péan, page 481, dernier paragraphe, en ce qui concerne Alexandre Djouhri : « J’ai cherché les fondements de sa puissance. L’explication de son pouvoir pourrait en définitive être bien plus simple. C’est lui-même, avec son langage imagé et brutal, qui la donne : « Je les tiens tous par les c…. ! »

L’élève aurait-il dépassé les maîtres ?

Vivement 2012… !

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