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Le blog d'Alain Paul Nicolas

Pour le Rassemblement des Africains pour l'indépendance de l'Afrique, afin de mettre fin aux territoires issus de la colonisation ; à instaurer une monnaie pour remplacer le franc CFA ; de changer les Institutions et les Constitutions, afin de prendre en compte l'histoire, la culture et les réalités de ces pays en les conciliant notamment avec la modernité.

Niger - Au revoir, Tandja !

L’orgueilleux président du Niger, Mamadou Tandja, n’est plus. Non pas qu’il soit mort physiquement. Non ! Il a été renversé par ceux qu’il avait protégés au début de son premier mandat.

L’histoire moderne du Niger n’est pas celle d’un long fleuve tranquille. Depuis l’avènement du colonel Kountché, l’armée nigérienne fait la pluie et le beau temps en toute impunité. Après sa mort, certains officiers furent poursuivis et condamnés… mais ils n’étaient peut-être pas les plus corrompus et les plus profiteurs, ils étaient surtout les plus proches du défunt président.

Le Conseil suprême pour la restauration de la démocratie (CSRD) dirigé par le chef d’escadron Salou Djibo n’est que de la poudre de perlimpinpin pour amuser la communauté internationale et rassurer les Nigériens.

Ces militaires sont des spécialistes du coup d’État. Le colonel Dijibrilla Hima Hamidou dit Pelé participa au coup d’État, en 1996, au côté du chef d’état-major de l’armée, Ibrahim Baré Maïnassara contre le premier président élu en avril 1993, Mahamane Ousmane. Puis en 1999, avec le commandant Daouda Mallam Wanké et les colonels Abdoulaye Adamou Harouna et Gouboye Abdul Karim, il participa à l’assassinat du même Baré ! Aucun d’eux ne furent poursuivi par la justice nigérienne. L’élection à la présidence de Mamadou Tandja a boosté leur promotion. Ils ont d’ailleurs déclaré que Mamadou Tandja (militaire à la retraite) ne sera pas poursuivi pour son coup d’État.

Les forces armées nigériennes sous couvert de faire respecter les institutions ne font en réalité que les bafouer. Les militaires n’ont jamais prouvé leur capacité à gouverner mieux que les civils. Salou Djibo et ses complices auraient dû intervenir le jour ou le président Tandja avait dissous le Conseil constitutionnel, au lieu de tenir tout un blablabla sur l’armée voulant rester neutre et garante des institutions.

Mais peut-être que l’intervention de l’armée obéit à une autre motivation moins glorieuse ? Il semblerait, que le tyran commençait à faire le ménage dans l’armée – limogeage de trente-sept membres de sa garde présidentielle - avec notamment une baisse des primes. Et certains militaires se sentaient frustrés par rapport aux avantages accordés aux ex-rebelles touaregs.

Certains officiers sont des gens sans paroles qui utilisent la force pour assouvir leur soif de reconnaissance et d’enrichissement. L’uranium complique la situation.

Non aux élections !

Je ne joindrais pas ma voix à ceux au Niger qui applaudissent à tout rompre le renversement de Mamadou  Tandja en feignant de croire que l’armée va leur abandonner le pouvoir.

Ceux de la Coordination des forces démocratiques pour la République (CFDR), entre d’autres, devraient se souvenir du cas Barré.

Financièrement les élections ont un coût élevé ; le Niger est l’un des pays les plus pauvres d’Afrique, la famine, à cause de mauvaises récoltes cette année, risque une fois de plus de sévir et enfin pourquoi voter puisque la voix des Nigériens n’est pas respectée ?

Quant aux dirigeants occidentaux tels le président Sarkozy et son ministre des Affaires étrangères, le sulfureux Bernard Kouchner - l’un et l’autre sont très inquiets, non pas du fait du renversement de leur précieux allié Tandja mais à cause de la société Areva et du précieux uranium – dont les voix sont rejointes par le Cedeao et l’Uemoa – dont de nombreux États sont entre les mains de militaires ou de civils et où les élections ne sont que trucages et tripatouillages afin de se maintenir le plus longtemps possible au pouvoir – leur appel à des élections libres ne sont pas très crédibles. Sans oublier celui qui est considéré comme le sage de l’Afrique pour régler les conflits, le capitaine Blaise Campaoré, à la tête de l’État depuis l’assassinat de son ami le capitaine Thomas Sankara – certaines mauvaises langues insinuent même qu’il en aurait été l’instigateur ? Comme si les Nigériens avaient besoin de leur parrainage !

L’uranium

Le Niger est le ou du moins l’un des pays les plus pauvres du monde. Paradoxalement, son sous-sol regorge de multiples richesses (uranium, or) ; sans oublier l’élevage, les cultures et le coton.

En ce qui concerne l’uranium qui est exploité depuis les années 1960, pour certains ce fut une mine d’or… quant au pourcentage détenu par Areva et celui de l’État nigérien, le déséquilibre est flagrant.

D’autre part, à partir de 2012, le groupe français avec le nouveau gisement d’Imouraren espère extraire 5 000 tonnes par an, ce qui en fera la deuxième plus grande mine d’uranium au monde.

Maintenant, se pose le problème sur l’environnement, sur les ouvriers et sur les populations alentour. Quel en est le coût ? Faut-il continuer à exploiter l’uranium si ces effets négatifs sont financièrement supérieurs au pourcentage détenu par l’État ? Le niveau de vie des Nigériens s’est-il amélioré ? Il faut développer l’élevage et les cultures pour que les Nigériens puissent avoir l’autosuffisance alimentaire.

Pour un changement de système politique au Niger

L’histoire du Niger n’est pas l’histoire de la France. Les différentes constitutions depuis la fin de la colonisation sont de conception française. Elles ne tiennent pas compte de l’histoire politique, culturelle, sociale du Niger et de sa tradition. De nombreux royaumes existent dans ce pays, mais ils n’ont pas représentation politique reconnue au Niger. Les Français ne sont jamais partis, ils continuent à gérer leurs intérêts économiques au détriment des intérêts politiques et économiques du Niger.

L’avenir du Niger passe par un système politique stable qui empêcherait toute intervention de l’armée pour s’emparer du pouvoir et éviterait que des hommes politiques se déchirent pour le poste de chef d’État.

La priorité est de rétablir dans leur fonction les membres du Conseil constitutionnel tel qu’il était au moment du coup d’État de Mamadou Tandja.

Ne faudrait-il pas repenser les institutions en rapport avec le monde réel nigérien ?

Ne faut-il pas inviter les rois, les chefs traditionnels, les syndicats, les partis politiques, les représentants de la société civile, les étudiants, les militaires à la mise en place d’un nouveau système politique au Niger de type monarchie constitutionnelle ?

De ce fait, la chefferie traditionnelle doit se réformer en profondeur. Il n’est pas acceptable qu’elle se rende complice de coup d’État, qu’il s’agisse de celui de Mamadou Tandja ou de ceux des militaires. Pour avoir une crédibilité, elle se doit d’être neutre et être porteuse de propositions pour le Niger d’aujourd’hui et de demain.

Quant à l’armée une réforme en profondeur est nécessaire : qu’elle est son rôle et sa place dans la société nigérienne ?

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