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Le blog d'Alain Paul Nicolas

Rebelles d'Afrique et d'ailleurs cherche à mettre en place de nouvelles Institution et Constitution dans les pays d'Afrique en tenant compte de leur histoire et de leur culture, et en tentant de concilier tradition et modernité. La réflexion porte également sur l'abandon du franc CFA, et d'un redécoupage de territoires, car les uns et les autres sont ceux hérités de la colonisation. Entre 1500 et 1900, les Africains sont passés de 17 % à 7 % de la population mondiale. Il faut compter en moyenne quatre victimes collatérales pour un esclave vendu. Soit près de 100 millions de personnes ? (L'Afrique des idées, " Quel est le bilan humain de la traite négrière " par E. Lerouiel).

Repenser la démocratie en Afrique !

Blaise Campaoré, Mohammed Hosni Moubarak, Laurent Gbagbo, Alpha Condé, Denis Sassou Nguesso, Nicolas Sarkozy, … Quel lien peut-il y avoir entre ses différents personnages ?

À priori aucun, hormis le fait qu’ils sont les uns et les autres présidents de leurs pays respectifs. Ils ont également en commun d’assumer un pouvoir personnel en dehors des logiques constitutionnelles. Chacun d’entre eux essaie de perdurer leur pouvoir en y installant leurs proches, et en dénonçant leurs adversaires politiques comme de dangereux criminels dont eux-seuls seraient le rempart contre une supposée anarchie.

Blaise Campaoré, président de la République depuis le 1er décembre 1991 avec un taux de participation de 25 %. Réélu en 1998, 2005, 2010 alors qu’un amendement constitutionnel voté en 2000, limitait le mandat présidentiel à deux mandats et en passant du septennat au quinquennat.

Un peu d’histoire pour nous rafraîchir la mémoire. L’assassinat du capitaine Thomas Sankara le 15 octobre 1987 a permis à son ami le capitaine Blaise Campaoré de s’emparer du pouvoir avec comme explication « Sankara avait trahi l’esprit de la révolution ». Ce qui s’est conclu pour le Burkina Faso à des relations avec les présidents Houphouët Boigny et François Mitterrand quasi normales puisque l’emmerdeur était décédé ! Mais certainement au dépend de la démocratie.

En avril 2006, (1)  le Comité des droits de l’homme des Nations Unies a condamné le Burkina Faso pour refus d’enquêter sur les circonstances de la mort de Thomas Sankara (et d’en poursuivre les responsables). En septembre 2008, le sénateur et ex-seigneur de guerre libérien, Prince Johnson affirmera que ses hommes avaient participé à l’assassinat de Thomas Sankara et cela sous l’instigation de Blaise Campaoré.

Mohammed Hosni Moubarak, le général (vice-président) est élu président de la République le 14 octobre 1981 et devient dans la foulée président du Parti national démocratique, le parti au pouvoir.

Cette élection a eu lieu après l’assassinat du président égyptien Anouar el-Sadate, le 6 octobre 1981, alors qu’il assistait dans un stade du Caire à un défilé militaire à l’occasion de la fête nationale.

Depuis cette date, le général Moubarak fut triomphalement réélu en 1987, 1993 et 1999. Il était le seul candidat ! Le 9 septembre 2005 il est réélu, 88,5 % des voix avec une participation non officielle d’environ 35 %, mais dans un contexte de première élection pluraliste. Là encore il était seul candidat, aucun concurrent ne s’est présenté de peur de représailles ! La prochaine élection présidentielle doit se tenir en 2011.

Son fils Gamal pourrait se porter candidat. La constitution a été modifiée en ce sens. L’article 76 de la loi fondamentale a été remaniée en 2007. Ce serait le premier président civil de l’histoire du pays.

Les élections se suivent et se ressemblent. En novembre et décembre 2010, les élections législatives furent un raz de marée pour le PND, avec le boycottage au second tour des deux principaux partis de l’opposition.

Laurent Gbagbo, président auto-proclamé en 2000. Vaincu militairement par une tentative de coup d’État par des soldats rebelles en 2002. Battu à l’élection présidentielle de décembre 2010, et toujours président. Ses multiples déclarations dans la presse ivoirienne et étrangère laissaient augurer sa position d’aujourd’hui. Lui qui pensait être élu dès le premier tour !

Sa politique de haine s’est retournée contre lui et son clan. Son discours raciste et xénophobe, son concept d’ivoireté dévoyé, qui faisait d’un adversaire politique un ennemi : le péril dioula. Le professeur d’histoire s’est transformé en apprenti sorcier en laissant l’homme de la rue se transformé en xénophobe patenté pour suivre l’exemple du chef. Sans oublier la milice sanguinaire des Jeunes Patriotes.

Alpha Condé, élu président de la Guinée en fin 2010, avec les mêmes arguments que Laurent Gbagbo. Son adversaire Cellou Dalein Diallo, peul, arrivé en tête au premier tour avec 43 % des voix a été battu au second tour ?

En Guinée, les Peuls sont majoritaires mais jamais l’un des leurs n’a dirigé le pays. Sékou Touré (Malinké), Lansana Conté (Soussou), Moussa Dadis Camara (forestier guerzé). Pour cette élection ils s’étaient fortement mobilisé pour emmener leur représentant à la magistrature suprême. C’était sans compter sur la mauvaise foi de son adversaire le professeur Condé, qui a agité le complot peul. Du coup tous ceux qui n’étaient pas Peuls s’étaient ligués contre Cellou Dalein Diallo.

La Guinée n’est pas près de s’épanouir avec de pareils dirigeants. Les militaires et les professeurs, en politique, sont aussi dangereux les uns que les autres ; quelque soit le pays.

Denis Sassou Nguesso, le général devient président le 8 février 1979, après la destitution du général Joachim Yhombi-Opango le 5 février, avec un parti unique le PCT. Il restera président avec les pleins pouvoirs jusqu’à la conférence nationale. Aux élections de 1992, Pascal Lissouba est élu président. Sassou Nguesso part profiter de ses biens mal acquis en France. Mais il n’a jamais renoncé au pouvoir. Rentré au Congo, il s’engagera dans une guerre fratricide, occasionnant des milliers de morts et de blessés, sans oublier des centaines de disparus ; il se réinstalla à la présidence, après la fuite, en France, de son ancien adversaire de la présidentielle, le professeur Lissouba.

Depuis il organise des élections libres à sa manière. C’est-à-dire en dotant son pays d’une Constitution sur mesure et en décidant de ceux qui auront le privilège de se mesurer à lui lors d’élections présidentielles passées ou à venir !

Nicolas Sarkozy, président français élu en 2007 pour cinq ans. Une façon toute personnelle de présider la France. Ni lui ni son Premier ministre, Monsieur Fillon ne respectent la Constitution française, dans leur attribution réciproque. C’est un régime autoritaire où toutes les actions du gouvernement passent par lui et où François Fillon n’est qu’une ombre ! Nicolas Sarkozy n’aime que Nicolas Sarkozy ! Tout tourne autour de sa petite personne, et sa vie privée s’est transformée en série télévisée de bas niveau, au grand dam des Français et de ses partenaires politiques internationaux.

Lui, a en commun, avec Moubarak, de tenter de placer l’un de ses fils à sa succession. Non pas à l’Élysée, du moins pour l’instant, mais à l’EPAD. Ce ne fut pas un grand succès et on peut même parler d’échec retentissant devant le tollé général. Sarkozy est novice, il devrait prendre modèle sur son copain Kadhafi pour placer son rejeton.

Mais comme les professeurs Gbagbo et Condé, Monsieur Sarkozy a des ennemis au gré de ses humeurs, qu’il livre en pâture au citoyen par médias interposés : un adversaire politique, de Villepin, qu’il menace de pendre à un croc de boucher ( ?) ; les Roms, les racailles ; les étrangers en général, avec un quota annuel d’expulsions à respecter… Se souvient-il qu’il est, lui-même, un fils d’immigré à qui la France a su accorder l’asile politique ?

Les élection sont-elles une garantie de la démocratie ?

Les Africains feraient bien de se replonger dans leur Histoire afin de tisser une philosophie politique plus proche de leur culture que de celle des Occidentaux. Organiser des élections sur ce modèle n’est pas le remède. Quelles institutions pour ces pays d’Afrique ? Cinquante ans après la fin de la colonisation, il serait peut-être envisageable de remettre en cause la constitution de la France comme modèle pour l’Afrique francophone.

Le président Ouattara et son Premier ministre Soro n’en sont pas encore là mais la question mérite d’être posée.

LeRebelle

(1) Sources trouvées sur Wikipedia, ainsi que celles concernant le président Moubarak.

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